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L’amour du Messager : un mobile pour le suivre (Par Sheikh Muhammad Sa`îd Ramadân Al-Bûti) (suite) |
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Lorsque se déchaînent dans les entrailles de l’homme les sentiments d’amour de Dieu et de Son Messager, celui-ci est obligé de réagir. Devant cet amour, il n’a plus aucun choix. L’amour pousse l’être humain à adopter une réaction prédéterminée et ne peut le laisser libre de ses choix. Un amoureux du Messager de Dieu - paix et bénédiction sur lui - éprouve nécessairement au plus profond de lui-même de brûlants sentiments qui enflamment son entité, et ce, dès qu’il hume autour de lui la moindre odeur se rapportant à la mémoire de l’Élu. La mémoire de l’Élu - paix et bénédiction sur lui - ne se limite pas au jour ni au mois de sa naissance. Combien sont nombreux en effet ces souvenirs qui nous relient sentimentalement à l’Élu - paix et bénédiction sur lui ! A vrai dire, ceux qui disent que les Compagnons du Messager de Dieu ne célébraient passa mémoire après sa mort se font des illusions. Des illusions... Ceux qui disent que les Successeurs ou les Compagnons ne célébraient pas se font des illusions. Avaient-ils le choix de le faire ou pas ? |
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Si l’un d’eux passait près d’un arbre sous lequel le Messager de Dieu - paix et bénédiction sur lui - avait dormi, il s’arrêtait devant cet arbre tandis que la mémoire de son bien-aimé resurgissait de ses entrailles, lui faisant oublier sa vie ainsi que sa condition. S’il passait par un endroit où s’était arrêté le Messager de Dieu - paix et bénédiction sur lui - pendant une campagne militaire, ou s’il traversait la région d’Al-Hudaybiyah où fut scellée par l’Élu la trêve entre les Mecquois et les Musulmans, la mémoire de son bien-aimé se ravivait dans son âme, telle un feu ardent. Il restait là à parler, à clamer des vers de poésie, à exprimer ses sentiments fiévreux, à répandre ses larmes... La mémoire de l’Élu ne se limite pas au jour de sa naissance. Tout ce qui touche et nous relie à notre bien-aimé Élu - paix et bénédiction sur lui - est de nature à raviver sa mémoire. Mais dans le cœur de qui ? Dans le cœur de l’amoureux, l’amoureux qui ne dispose absolument d'aucun choix pour exprimer ou réfréner ses sentiments. On m’a demandé un jour : « Quelle preuve légale permet de légitimer la célébration de la mémoire de Muhammad - paix et bénédiction sur lui ? » J’ai répondu : Toute la religion en est une preuve. Je dirai même que toutes les vérités et tous les rites religieux constituent des commémorations. Tous sont des commémorations. La circumambulation autour du Sanctuaire est une commémoration d’un de nos plus précieux souvenirs. Idem pour la prière à la station d’Abraham : « Adoptez donc pour lieu de prière cette station où Abraham se tint debout ! » [2] Pourquoi Dieu - Exalté soit-Il - nous a-t-Il ordonné dans son Livre de célébrer la mémoire de son Ami Abraham - paix et bénédiction sur lui ? Car ce dernier a construit le Sanctuaire avec son fils Ismaël - paix et bénédiction sur lui : |
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« Adoptez donc pour lieu de prière cette station où Abraham se tint debout ! » [2] Même chose pour l’ambulation entre les collines d’As-Safâ et d’Al-Marwah : ne s’agit-il pas là aussi de la commémoration et de la célébration d’un événement grandiose ? Lorsque j’effectue ma prière, que je m’incline, que je me prosterne et que je récite le Livre de Dieu - Exalté soit-Il -, je ne fais rien d’autre que de célébrer une mémoire. Et quelle mémoire ! Lorsque j’adresse à Dieu mes supplications, en récitant Son Livre et en me prosternant devant Lui, je ne fais que célébrer la mémoire sacrée de l’alliance ancestrale : « Et quand ton Seigneur tira une descendance des reins des fils d’Adam et les fit témoigner contre eux-mêmes : "Ne suis-Je pas votre Seigneur ?" Ils répondirent : "Mais si, nous en témoignons..." - afin que vous ne disiez point, au Jour de la Résurrection : "Vraiment, nous n’y avons pas fait attention". » [3] |
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Encore une fois, je pose la question : comment un amoureux du Messager de Dieu peut-il voir passer le mois de Rabî`, durant lequel est né l’Élu - paix et bénédiction sur lui - et humer autour de lui le souvenir de sa naissance, puis ne pas brûler de désir et de nostalgie pour l’Élu ? Un amoureux qui ne ressent pas de désir brûlant... C’est invraisemblable. La commémoration par le cœur de souvenirs sacrés est une chose naturelle inhérente à la nature de l’homme. C’est une partie indivisible du rapprochement de Dieu - Exalté soit-Il. Lorsque l’Élu effectua son émigration et qu’il s’établit à Médine, il entendit dire que les Juifs jeûnaient le jour de Ashoura, le dixième jour du mois de Muharram. Il demanda alors pourquoi ils jeûnaient ce jour-là. Ils lui répondirent que c’était le jour où Dieu sauva Moïse de Pharaon, et qu’ils commémoraient ainsi la mémoire de cette grande journée. Notre bien-aimé Élu - paix et bénédiction sur lui - dit alors dans ce hadith authentique : « Nous sommes plus dignes de Moïse qu’eux. » et il ordonna à ses Compagnons de jeûner ce jour-là. Même ceux qui avaient déjà mangé furent tenus de s’abstenir des plaisirs de la chair jusqu’à la fin de la journée. Voilà une preuve. |
(suite)
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