LA NAISSANCE DE LA LUMIERE

(suite)

 

 

Le cortège béni arriva dans les territoires de Banou Sa`d Ibn Bakr où la nature était restée vierge et où la langue arabe était parlée avec éloquence et perfection. La bénédiction s’installa dans le foyer de Halimah. Ses brebis sortaient paître et revenaient avec des pis emplis de lait et despanses bien rassasiées.

Chacun emmenait son troupeau pour paître là où Halimah envoyait ses moutons, mais nul ne repartait avec la même aisance. Le cœur de Halimah ne cessa de s’attacher à cet orphelin béni et le combla de sa tendresse. Sa fille, Ash-Shayma, prit soin de lui et l’aima comme elle aimait son frère, Abd Allah, qui partageait avec lui le lait de sa mère.

Les jours s’écoulèrent et le moment du sevrage arriva avec, en perspective, le devoir de retourner le dépôt. Halimah se dirigea vers la Mecque, d’un pas lourd et hésitant. Combien il lui était difficile de se séparer de son enfant de lait. Dame Aminah vit que son fils était en bonne santé et semblait en pleine forme, mais elle fut surprise par l’insistance de Halimah pour le ramener avec elle; une insistance qui ne laissa presque pas de choix àla mère.

Comblée de joie, Halimah retourna chez elle, accompagnée de cet enfant cher et béni à qui elle continua à accorder tous ses soins. Les jours passèrent, heureux et rayonnants par les bénédictions qui se déversaient sur cette famille.

 

Puis, un jour, Halimah fut bouleversée en voyant son fils Abd Allah accourir vers elle et s’écrier : « Maman ! Sauve mon frère Qurayshite [4] ! Deux hommes vêtus de blanc sont venus, l’ont allongé par terre et lui ont fendu la poitrine. Ils en ont sorti quelque chose qu’ils ont jeté loin d’eux. »

Sous le choc, effrayée, Halimah accourut vers le lieu où jouaient les enfants. Elle vit son visage tout pâle et l’interrogea sur ce qui lui était arrivé. Lorsqu’il lui raconta l’incident, elle prit peur que des djinns l’aient atteint par quelque mal et raconta cet événement à son mari. Il lui conseilla alors de retourner l’enfant chez les siens avant qu’un malheur ne se produise ou que les conséquences de cet événement ne se manifestent sur lui.

Halimah retourna à La Mecque, ce qui n’était pas sans surprendre Aminah : « N’avait-elle pas tant insisté pour garder l’enfant ? Que s’est-il passé au juste ?! » Halimah lui raconta les faits. Mais cela ne troubla pas Dame Aminah. Bien au contraire, elle la rassura disant : « Mon fils que voici est promis à un grand avenir. Les djinns n’ont guère le pouvoir de lui nuire. Lorsque j’étais enceinte, je vis en songe des choses grandioses... » Une fois de plus, Halimah le prit et rentra chez elle. Il resta avec elle jusqu’à ses cinq ans. Elle le retourna alors à sa mère; le petit garçon s’exprimait déjà dans une langue riche et éloquente.

 

 

Traduit de l’arabe du livre de Sheikh Yâsîn Rushdî, Fî Rihâb Al-Mustafâ (En Compagnie de l’Elu).

[1] Le père du Prophète, `Abd Allâh Ibn `Abd Al-Muttalib, était décédé pendant la grossesse de Dame Âminah. NdT

[2] Muhammad signifie littéralement "loué". NdT

[3] Il s’agit de `Abd Allâh, le fils de Halîmah et le frère de lait du Prophète — paix et bénédictions sur lui. NdT

[4] Il s’agit du Prophète — paix et bénédictions sur lui. NdT

 

(Back : QUI EST LE PROPHETE MUHAMMAD ?)

 

 

 

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