LA NAISSANCE DE LA LUMIERE

 

 

LA NAISSANCE DE LA LUMIERE

Les mois de grossesse de Dame Aminah s’écoulèrent dans la lenteur et la tristesse. Quand l’heure de l’accouchement arriva, elle mit au monde le Prophète Mohammad, dans la maison de son grand-père, Abd Al-Mouttalib, qui était alors assis auprès de la Ka`bah. Lorsque la nouvelle lui parvint, il accourut vers sa demeure, comblé de bonheur et de joie. Il porta le nouveau-né dans ses bras et vit en lui une consolation après la perte de son fils [1].

Il porta l’enfant vers la Ka`bah, fit des circumambulations autour de la Maison Sacrée, puis l’appela Muhammad, un nom peu connu des Arabes. Lorsqu’on l’interrogea sur son choix, il dit : « J’ai voulu qu’il soit loué au ciel, auprès de Dieu, et sur terre, auprès des hommes » [2].

 

Chez les Arabes, les notables avaient coutume de confierleurs enfants à des nourrices. Ainsi, Aminah attendit l’arrivée des nourrices de la tribu de Banou Sa`d Ibn Bakr, tribu connue pour ce métier, et confia entre-temps son enfant à Thuwaybah, la servante de l’oncle du Prophète, Abou Lahab, pour l’allaiter. Thuwaybah avait aussi allaité Hamzah Ibn `Abd Al-Mouttalib qui devint ainsi un frère de lait pour le Prophète.

Puis, les nourrices arrivèrent et parmi elles, il y avait Halimah As-Sa`diyyah, accompagnée de son mari Al-Harith Ibn Abd Al-Uzzâ et de son nourrisson [3].

La faiblesse et la pauvreté se voyaient sur Halimah, si bien qu’aucune mère ne la choisit pour s’occuper de son enfant. Par ailleurs, aucune nourrice ne souhaita prendre le fils de Aminah, car il était orphelin et, dans ce métier, on espérait une généreuse récompense du père. Il était ainsi sans nourrice et elle sans nourrisson. Ne voulant pas rentrer les mains vides, Halimah décida de prendre ce bébé orphelin.

 

 

Puis, Halimah quitta la Mecque pour retourner chez elle, portant cet orphelin qu’elle fut obligée de prendre. Elle ne savait pas qu’elle portait l’être le plus cher, le suzerain des créatures, et la Miséricorde de Dieu pour l’univers. Mais les signes de la bénédiction ne tardèrent pas à semanifester chez la nourrice.

L’ânesse qui, jusque-là, était faible, avançait maintenant d’un pas énergique et rapide; la chamelle qui était fragile vit son pis s’emplir; et le bébé de Halimah cessa de pleurer car, son lait allait désormais être abondant et le rassasier.

Les amies de Halimah ne cessèrent de s’étonner de cette prospérité soudaine : « Est-ce bien cette ânesse sur laquelle elle était venue ? Est-ce là la chamelle avec laquelle elle était arrivée ?! » Sans doute qu’il y avait quelque chose derrière cela. Halimah et son mari eurent alors la certitude que cet orphelin était d’une grande importance. Leurs cœurs s’attachèrent à lui et ils lui accordèrent davantage de soins.

 

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